21h30. Rouen. Je m'ennuie.Chut. Arrête. Non, arrête, je te dis. Ce n'est plus drôle maintenant. Je ne joue plus. Arrête. Tais-toi. Si tu veux tout savoir, ta voix ne cesse de raisonner dans ma tête. Et ça me donne un mal de crâne monstrueux. Chut. Quand vas-tu enfin la fermer? Tout cela ne m'amuse plus. D'habitude, on joue pour se faire plaisir, pour avoir du bon temps, un peu comme les enfants. Mais là, ça me fait vraiment mal. Je n'en peux plus, je ne veux plus jouer et je ne jouerai plus. Tu es content? C'est tout ce que tu voulais, non? M'empêcher de respirer tranquillement, me voler mes bouffées d'oxygène, et mes moments de calme? Tu as réussi. Oui, tu vois, tu as gagné. Et pour tout te dire, je m'en contre fiche d'avoir perdu, ou pas. Je m'en fous. Tu m'entends? Je m'en fous de tout, de toi, de nous. Je ne t'entends plus, enfin presque. Il y a comme ton soupire en fond sonore quelque part. Peut-être ici, ou peut-être là. Je ne sais pas. Tu es partout, dans ma tête, dans mes yeux. Et surement dans mon coeur. Mais je ne te le dirai pas, ça flatterait bien trop ton égaux, vois-tu. Alors non, je garde le silence. Mes mots sont bloqués ici, ou peut-être là. Vois-tu, je joue, moi aussi. Et là, c'est toi qui souffres. Chacun son tour, dirons-nous, comme dans les manèges. Et si tu veux tout savoir, j'en ai aussi marre de faire l'enfant. J'ai grandis, tu sais. Alors s'il te plaît. Tais-toi. Chut. Ce n'est plus amusant, maintenant. Arrête.